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Au Bunker de la dernière Rafale
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14 novembre 2007

un vers de Poe résonne étrangement : "sure,

un vers de Poe résonne étrangement : "sure, thou art come o’er far-off seas..." et me hante

La première fois que j'ai ouvert un livre de poésie anglaise,
je l'ai ouvert sur The Sleeper.


The Sleeper
(1831)
by Edgar Allan Poe
(1809-1849)

At midnight, in the month of June,
I stand beneath the mystic moon.
An opiate vapour, dewy, dim,
Exhales from out her golden rim,
And, softly dripping, drop by drop,
Upon the quiet mountain top,
Steal drowsily and musically
Into the universal valley.
The rosemary nods upon the grave;
The lily lolls upon the wave;
Wrapping the fog about its breast,
The ruin moulders into rest;
Looking like Lethe, see! the lake
A conscious slumber seems to take,
And would not, for the world, awake.
All beauty sleeps! - and lo! where lies
Irene, with her Destinies!
Oh, lady bright! can it be right-
The window open to the night?
The wanton airs, from the tree-top,
Laughingly through the lattice drop -
The bodiless airs, a wizard rout,
Flit through thy chamber in and out,
And wave the curtain canopy
So fitfully - so fearfully -
Above the closed and fringéd lid
'Neath which thy slumb'ring soul lies hid,
That, o'er the floor and down the wall,
Like ghosts the shadows rise and fall!
Oh, lady dear, hast thou no fear?
Why and what art thou dreaming here?
Sure thou art come o'er far-off seas
A wonder to these garden trees!
Strange is thy pallor! strange thy dress!
Strange, above all, thy length of tress,
And this all solemn silentness!


The lady sleeps! Oh, may her sleep,
Which is enduring, so be deep!
Heaven have her in its sacred keep!
This chamber changed for one more holy,
This bed for one more melancholy,
I pray to God that she may lie
Forever with unopened eye,
While the pale sheeted ghosts go by!


My love, she sleeps! Oh, may her sleep,
As it is lasting, so be deep!
Soft may the worms about her creep!
Far in the forest, dim and old,
For her may some tall vault unfold -
Some vault that oft hath flung its black
And wingéd panels fluttering back,
Triumphant, o'er the crested palls,
Of her grand family funerals -
Some sepulchre, remote, alone,
Against whose portal she hath thrown,
In childhood, many an idle stone -
Some tomb from out whose sounding door
She ne'er shall force an echo more,
Thrilling to think, poor child of sin!
It was the dead who groaned within.

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8 octobre 2007

Marat-Sade de Peter Weiss au Teatro Armado.

Mouvements de fauve de Sade ce lundi 7 octobre après nuit-blanche
en plein théâtre, Sa-Delphine travaille sa descente du trône : éberluée,
Corday se prépare à bailler un coup imaginaire à Marat-pestiféré.

Un arrangement de malades, cette pièce montée par Sade à Charenton
écrit par Weiss pour nous autres santons. Fanny-mettrice en scène
vient mimer les gestes élancés du corps qu'elle désire voir s'incarner
on assiste à la matrice de ce que sera cette pièce quand elle sera jouée.

Nous répétons, tous nos gestes, répétés, décomposés : affinés ? revivifiés ?
ces gestes, Cégeste, s'amplifient, je vois les acteurs s'assouplir dans leurs mimiques
Marat oscille entre le petit rongeur blessé et l'araignée.
Marat malicieux quand Laura perce sous le paranoïaques des eaux.

Un code ! affirme Fanny, un code ! affirme Nayma : après le code de l'honneur
voici le code des comédiens : il doit s'apprendre dans la seconde.

les quatre chanteurs : Eugénie gouaille !
Emily digne monte sa voix dans les sphères hautes.

machine infernale infiniment hasardeuse et coordonnée.
Les rayures de la jupe d'Eugénie ondulent et gondolent une folie verdoyante.

les doigts de Sade : une manière belle d'index,
Sade, ou ce sexe mis à l'index.

Charenton sans charité.

Cigarette en entre-deux : celle de Sade sur scène et de sa moue, et de sa cendre qu'il
jette à l'annonceur. Celles des acteurs assis en tailleurs.

Margot, Corday marche sur le fil
(du rasoir, de la vierge, de l'histoire)
je me demande à quelle supplice Charlotte Corday fut effectivement condamnée.

Sur le divan au cuir divin : deux yeux, deux oreilles, deux voix qui se lèvent l'un après l'autre pour façonner
reprendre sur le métier la pièce et les maladresses pour qu'on s'efforce jusqu'au tour de force tant attendu.
La reine de pique et la reine de coeur, laquelle est ?

Une bassine, comme une fosse, d'où sort tantôt la tête de Marat : moitié d'homme
Marat l'homme-baignoire, l'homme du Grand Soir

Son eau teintée de sang,
il baigne dans son hémoblobine, il a le goût du sang
l'homme des déchirures.
Marat-Sade...

l'homme et son contenant : ami du peuple ennemi
de la paix.

Et puis il y a la salle'amandre du Teatro Armado
ces murs nus, criblés d'impacts qui n'auraient pas déplus à Murnau
ces échafaudages, et ce chaos que n'aurait pas renié Artaud !

Le théâtre des quatre chanteurs se cherche dans l'improvisation : Manon harangue en silence Corday la somnanbule
elle hume le parfum de la branloque qu'elle lui vend, pantomine à grand sourcil !
Voici l'aléa qui survient : Léa d'un geste de serpent lui tend le couteau de l'histoire
avec un sourire de requin !

Cette pièce, comique ou carnassière ?

et le petit minois de Sade qui triomphe, comment doit-il s'offrir au spectateur ?

6 octobre 2007

Métro - Beautés meurtries

La première qui s'asseoit en face de moi
n'a qu'un doigt au bout du coude droit.

Et pourtant elle lit, décroche, sourit.

La seconde garde ses mains bandagés
dans les manches de son imper.
Cela ne l'empêche de faire la paire avec sa jeune enfant :
au travers de la poche elle lui effleure
le bout du nez!

Sous mes yeux éberlués.


Parti pour une Nuit Blanche.

19 septembre 2007

As Seen on TV

Allons voir Seen...

 

Du jamais vu pour moi : quelques infos de base : godfather du graph selon certains il commence à peindre&bomber à 11 ans, en 1973,
les métros de New-York chatoyants, les rames entièrement repeintes cela ne vous dit rien?

 

L'expo a lieu à Montmartre : Seen City - l'allusion serait trop facile si Seen n'avait pas la tronche d'un véritable personnage de Frank Miller, les bras (et le reste parait-il) couverts de tatouages jusqu'aux doigts. Mais la tronche est affable, le personnage doux. Du moins à l'expo, selon Manon qui le filme travailler dans son atelier, il ne boit que du Jack Daniels et ne mange pas. Je m'approche des Graphs en question:

 

comment dire... tout de suite on sent la maîtrise, gestes assurés d'un grapheur qui a laissé derrière lui, il y a longtemps, les rames bariolées de New York City.  Maîtrise : ou même Total Kamok : total Kontrol sur les dégradés, les contours de morcelures.
Géométrie d'un Grand Ancien de la rue qui orne ses toiles d'un Stencil "MAD TRANSIT ARTIST", Mad c'est son frère doit continuer d'exister. En contrebas de mon poste d'observation on voit Manon Gecko et Seen le Godfather rigoler.

 

Certains graphs sont d'inextricables noeuds de flèches superposées reposées. Un graph est une sorte d'ennemi mutant des panneaux de signalisations, clairs, fonctionnels, laids, mornes & morts. Le graph est explosif, intriqué, bariolé. Expressif. Vivant comme une éclaboussure de couleur sur les murs, comme un parasitage vital du béton noir et gris.

 

Tout à la main, à la bombe (à ses caps ) : sens extraordinaire des lignes et des courbes, des parallèles et des orthogonales. Géométrie parfaitement, parfaitement faite à l'arrache.
Lettrages inorthodoxes aux contours s'imbriquant parfaitement, fortement dans les flèches. Et l'on ne sait si c'est couleur ou contour.

 

Cette noirceur des contours, cette douceur des plages
de couleur.                               Ces lettrines en pochoir
ces dégradés de tramage : détournement des chromatiques
d'un plan de métro : les couleurs pures, purement inventée
de la signalétique-image. Couleurs qu'on a appris à lire, identifier
et qu'on ne savait plus regarder.

 

Quel sens des imbriqures, cher Seen
et comme cette maîtrise parallèle des formes urbaines m'émeut...

 

réminiscences des graphs, ou plutôt des fresques qui font respirer la ville, posés la nuit,
issus de la nuit et de la hâte tranquille des artistes qui prennent véritablement le risque
des couleurs, au prix de leurs libertés & de leurs kopecs.

 

Tout est morcelure mais tout est absolumment continu.

 

Indeed, have you seen Seen ?

14 septembre 2007

Aurélie : Et si nous allions à la Fontaine de

Aurélie : Et si nous allions à la Fontaine de Rilke ?
Facinet : Tu veux dire la Fontaine aux Grenouilles ?
Noam : Vous voulez parler de la Fontaine "aux deux lettres, aux trois anneaux" ?

 

Et ils se dirigèrent vers un curieux plan d'eau du Jardin du Luxembourg.

 

Fait Glissade : depuis que j'en ai parlé à une amie-gecko, il en arrive plein, comme de dernières rafales.
Types de fait-glissade : l'objet qui tombe : parler de quelquechose et le voir débouler (quand on parle du loup)
parler d'un artiste grapheur et trouver sur le sol un masque de grapheur.

 

rencontre de personnes : rencontrer un escrimeur à un cours de tango, le croiser plus tard en costume médiéval dans le métro
après avoir pris maints détours : au bon endroit, au bon embranchement de couloir ? Incroyable.

 

rencontrer à la croisée de la rue Danton, une personne venant du sens inverse que l'on voit tous les dix du mois : arriver à 23H44 exactement à l'embranchement de la rue en venant de deux directions opposées.

 

tout est si naturel dans la coïncidence. j'en tais mille qui me viennent à la bouche et que j'accepte avec un sourire heureux.
À la merveille !  Ah, chère Merveille.

"Je ne crois pas en la magie" : si seulement ce n'étais pas une formule magique !

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27 juillet 2007

Marseille : première plongée depuis... des siècles.

The Dance was exhausting.
The Dive is vivifying.

Quelques pas hésitants, la nuque, le torse tâtés d'eau.
Et puis la tête entraîne : le plongeon.
Forget about the pools, the baths : boundless,  there was the world under there : the Sea. She.

Ever Wanted to be a dolphin?
To breathe there ?
Monopalmer en serpente. Onduler du long : Impulsion démente  jusqu'à crever la surface.
Faire surface.
Tuba : tube à évent.

Like a Whale. Parcourir les distances de l'impulsions.
"Est-elle almée ?"
Etre palmé...

Retour à l'élément. Choc dimensionnel : and I ask mysefl : HOW LONG, HOW LONG SINCE I WENT TO THE SEA ?
I embraced the water.
Je retrouve mon enfance, mon adolescence, mon futur : toute cette partie de ma vie aquatique que j'avais oubliée.
J'étouffais sur la terre, je retrouve la confiance, la brassée, l'embrasée, le grand bleu.

I feel like a very special Nine Inches Nail's Song incarnated ( 11 - LEFT - THE FRAGILE)
et pour une fois c'est une bonne chose.

Great gods...
Je suis un poisson.

Oursins. Docteur Oursin mon vieil ami planqué sur un flanc de rocaille.
Je l'ôte en répartissant le poids de mes doigts, les oursins ne sont pas seulement ces pelottes d'aiguilles craintes.
Je pose la sphère périlleuse sur ma paume, j'attends quelques instants : Smile of the urshin.
Filaments ocres qui partout palpent. Chevelure inversé autour de l'étoile des dents.
Vélocité inattendue.
Je retrouve des mots, d'une antique érudition : Échinodermes : les animeaux à peau d'équinoxe : les oursins, les étoiles de mer, les holothuries possèdent un corps à cinq branches, à cinq dents, cinq mouvements déployés dans l'espèce et dans l'espace selon des habits très différents.

Je visite les espèces marines.
Avec mon masque de plongeur, je ne me sens plus très proche des nageurs en sandales qui n'arborent rien.

La mer,
la vie sous marine : le vol plané pratiqué entre deux eaux. Les courants chauds comme le jour, et ceux glacés comme la nuit. L'eau douce qui passe en source et provoque une vibration dans l'onde sous-marine. La liberté.

le sel me pénètre et me boucle les cheveux.
Je retrouve mon visage de Grèce.
Je veux garder longtemps ce sel.
La tempe retrouvée.

Le monde du silence ?
Je ne crois pas. Mais je ne peux pas raconter.
A part le jour, comme un immense plafond de verre, comme un immense miroir de vertige, comme un retournement de puissance,
la verticalité de l'air, sous l'eau bondir foncer crever cette toile tendue et respirer,
respirer.
Enfant je tenais des mois en apnée...

Dans les souvenirs de la journée, le rêve de la nuit prend la place :

leur visage n'est pas humain, nous sommes dans l'Après, comme souvent, après la Guerre, après le Monde,
nous pillons le contenu d'une armoire, avec cette tribu qui m'accueille même si le décors est l'apartement des parents.
Les figurines enfantines les fascinent.

Je dors en hauteur, contre la rugosité d'une ruine de téléphone.

Je remarque un peu partout, mais à trop de distance de singulières empruntes de pied, bleues comme l'encre.
Est ce de la téléportation ?
Les hommes et les femmes de la tribu n'ont pas à proprement parler de pieds...
pressentiment.

Deux bras de mante religieuse qui s'enfuient par la porte : tout s'engouffre chez James et tous nous les suivons.
Une autre tribu.
Une jeune fille dont les bras de mante se fondent dans ses avant-bras d'humain.

Nous somme les monstres, pas eux.

Une très vieille télépathe écoute mon histoire. Je parle des apparences souvent trompeuses. J'ai la certitude qu'elles le seront à partir de maintenant.
(ainsi, comme j'en ai le souvenir, mes ancêtres furent trahis par un homme, habillés en grand-méchant-grandguignol XIXème siècle, qui dissimulait un canon dans son poignet droit)

Elle sourit.

Je vais à la terrasse pour voir : c'est à présent une librairie très peuplée.
Partout des livres de poésie que j'ai toujours voulu lire, et d'autres dont je n'ai jamais entendu parler.
Je feuillette des livres dont j'aimerais avoir dans la veille une connaissance plus précise.
dans l'entrée de la bibliothèque vit un peuple d'hommes dont la tête est un large pied, dont la paume (de pied) comporte toujours le visage de John Lennon, en très blafârd.

Quand je me pose la question de l'argent, et s'il m'en reste, je me retrouve à flotter, en apesanteur.
Et je plane :
soudain trois vieilles amérindiennes  apparaissent et forment un rituel : un videur patibulaire s'approche.
Elles prétendent honorer un territoire ancestral d'avant la Guerre : je m'interpose et je hurle
DON'T YOU CARE FOR THE RAIN ? DON'T YOU CARE FOR THE RAIN ?

Le videur est terrassé, la vieille laisse sur le sol la marque d'un poing fermé d'où jaillit une demi-fontaine.

On me dénoncera à la police. Je m'enfuie, je passe devant l'appartement de Blutch : il a toujours été en travaux, il abattra la première personne à tirer sur la porte.

Pendant ma fuite : je pense au Bunker : qui sait par quoi il a été repeuplé !

7 juin 2007

A friend asked me for a Sea Song...

SEA-SAW

The Sea of Sighs / lies beyond all sight
There, on the breeze in disguise  motion clouds vaporize emotions.

See the time / Seize all Minds
On the Maelstrom's Momentum

Still, my friend, the water of your Heart
or Fauna or Flora -two mystical mermaids-
will drown the soul in Love 'n drag you to
the end.

This is a sea of Lunar Laws that multiplie the Heads
Beware an Octopus of Visions !
Merging with HORIZONS
the colorful fictions of the Ocean's bed.

Vast & Vivified Suns shine underwater
Praisin' the greenest day of the greenest hour.

All that journey here request this Valid Void :
reflections of saphyr,
everlasting promises // of the bluish Lie.

A vague wave of the hand
to the Land...
They draw their dreams & they dive.

This is the Sea of Sighs, out of sight
and out of size..
.

7 juin 2007

Dream...

Je m'éveille à grands cris : "AU VOLEUR ! AU VOLEUR !"
Ce n'est pas moi : il me semble que l'on crie dans ma rue, j'ouvre les stores : au loin on s'enfuie, la rue est calme.

J'acquiesce en silence : à moi aussi on m'a volé mon rêve.
Mais nul besoin de m'habiller, tenter de jouer aux grands Vengeurs.

J'opte pour la léthargie. Ce rêve. Comment commencait-il ?

Vastes arcades d'une cité sur pilotis, dès qu'il y a un espace de mur suffisant y sont projetés des films en tous genres
et je veux dires tous les genres. Les gens déambulent sans les voir. Un phénomène de Réalité Augmenté ?
J'ai la conviction d'avoir payé pour cela : les murs animés ne sont qu'un des nombreux services de la ville.

C'est le futur. C'est ma faute. Quelquechose c'est produit, un grand cataclysme, mais je n'en sais pas plus pour le moment.
Interessant : je voulais accelerer le pas et voila que je décolle de quelque centimètres et que je fonce à toute allure sur une dizaine de mètres. On appelle ça "glisser".

Avec un peu de maîtrise je pourrais tout aussi bien voler ou disparaître, promet un prospectus, puis un grand sac en carton (un peu comme les sac à bouffe pour chat) : il est barriolé de design Enfantin : MAITRISEZ VOS POUVOIRS ! MANGEZ ..

(je ne me rappelle plus du nom) .

C'est une grande fête, j'écoute la conversation d'un père, de son fils et de quelques voisins : parfaitement, la dernière météorite n'avait rien de commune avec les autres : le grand coup de grâce, les trois quarts des cités rasées. L'humanité riche sur les ruines. Quand je pense que les gens d'Avant n'avaient pas remarqué les pouvoirs révélateurs des Saphirs importés de la planète Mars !

Une grande montagne s'est érigée en plein Venise, c'est là bas que je me rends, dans la cité d'un carnaval silencieux permanent, bien sûr, tout le monde porte son masque : en quelques minutes je bafoue les usages les plus élémentaires et au milieu des masques furieux je demande très narquoisement comment l'on devient ici Roi.

Le Roi est une personnage hirsute et sans masque il me défie à la montagne.

Je suis presque mort, je ne me rappelle plus très bien les règles du jeu, des amis d'autrefois apparaissent, essayent de me rappeler comment l'on fait, ce Biplan qui tournoie autour de la montange va bientot m'achever, il faut tirer dans l'espace plusieurs dizaines de mètres au-delà de l'endroit qu'il soit. Rappelle toi.

Le biplan explose.

Tout ce spectacle, toute cette histoire je la visionne en même temps que je la vis.

Le mariage et la reine : elle s'impatiente pendant que je me livre conscenscieusement à des rituels anciens,
couper une longue mèche des cheveux de la personne, la tresser, la passer très doucement, très lentement contre mes lèvres.

A quoi songaeis-je ? Retourner dans le passé ?
Je raconte très fidèlement ce rêve, je n'ajoute jamais rien, je cherche juste les mots appropriés pour des réalités souvent luxuriantes.
Cette personne que je devais tuer dans le rêve précédent, cet échec. Je suis sûr que tout cela a provoqué la situation présente.
(dans le rêve je ressens une sourde culpabilité, mêlé d'un sans-gêne, et d'un cynisme affreux à l'égard de personnes d'une temporalité dont je me sens exclu.)

Au voleur : on m'a volé mon dénouement. Une partie de moi même,  est resté dans la chambre de la reine...
elle était belle, mais il désirait autre chose de ce palais, de ce royaume, de cette Venise.

31 mai 2007

No News, Good News ?

il est difficile de garder le rythme des posts,
je me suis pourtant promis de le faire,

le début de révision des oraux, l'exposé à faire pour demain (il est minuit)
devrait m'en décourager : c'est l'heure de commencer !

tout d'abord une petite histoire :


C'est l'histoire d'un type
    à mi-chemin entre la manie   
                                                    et la mort

(il demande toujours "Encore")

            de la soupe
            des coups
            l'amour
"Encore" du jour
                la fraîcheur
               la chaleur

Mille facettes insatisfaites
crient en lui
contre toute fin
Milles factions discordent en lui distordent
que n'a-t-il pressuré ?


être Insatisfait : je l'ai retrouvé

un jour à l'agonie

pour avoir voulu

manger la nuit

encore :
                    du vin !
                    du vide !

                    la vie...

Il était mort

11 mai 2008

Rêve du dimanche 11 mai. Chateau-fort, remparts

Rêve du dimanche 11 mai.

Chateau-fort, remparts de stuc et de paille, il manipule un mélange de sextant et de longue-vue, très ouvragé, se déplaçant par degré sur une table, ils sont trois à le porter car c'est fort lourd.

Par ça, ils voient l'ennemi qui approche, cette vaste armée, ce n'est pas bon du tout, rien n'est prêt.
Et l'assaut est sans pitié, les gens sont cloués par les volées de flèches,  transpercés de part en part, rien n'est prêt, pas de défense, ni de machicoulis.

En essayant de descendre à l'intérieur du castel il déchire une grand pan de muraille, les ennemis se moquent de lui ! Mais au premier qui s'engouffre il envoie une poutre en pleine poire, la poutre rebondit, et il recommence avec les suivants.

Une flèche lui traverse la gorge, mais un enfant l'incite à courir dans les combles, la maçonnerie s'ouvre de partout, il voit l'archère sur l'autre rive, être mort ne l'empêche pas d'y sauter pour la ratatiner à coup de poings. Un passant le prend pour esclave, et le traîne dans un étrange bâtiment, The Scientist Church of the Fly.

Tout le monde regarde l'écran où des présentateurs souriant font le boniment de leurs grâces. Un alien biscornu joue au flipper, et fait méchamment du bruit. Son maître l'ordonne de le supprimer.  Peine perdue, l'alien sans le voir le catapulte sur une table garnie et murmure "Ce n'est qu'un enfant !"

16 décembre 2007

Dan Simmons : at last

Ces derniers temps,

 

un auteur a ruiné mon travail en parasitant toutes mes lectures
cet auteur, Dan Simmons pour ne pas le nommer, est sans conteste un des meilleurs auteur de science-fiction de sa génération.

 

Illium-Olympos a donc succédé à Hypérion-Endymion dans mes longues nuits sans sommeils.

 

Dan Simmons... le seul auteur qui me fait tressaillir et jubiler toutes les trentes pages à coup de retournements retentissants, de sonnets de shakespeare
et des pages entières du Côté de chez Swann (!!) absolument à-propos.
Le texte est parsemée de trouvailles cybernétiques et d'incroyables allusions poétiques.
L'auteur a l'audace d'entraîner Shakespeare, Homère, Proust et Renoir dans son sillage, son univers incroyablement personnel.
Une oeuvre de SF qui est toujours une intense réflexion sur l'homme et la création.

 

Cet Olympos, dont j'ai du consumer les chapitres comme autant de doses d'une drogue indispensable
au milieu des lectures du L3 d'anglais,
a fini sur une note qui m'a laissé rêveur...

 

I can give it here, it wont spoil anything to you...

 

"Oh Orphu... please tell us the Gilgamesh story again", shouted one of the bolder six-year-old boys.

why... Dan... you EVIL BASTARD !

 

Je suis rappelé au devoir par le dieu de la Sci-fi : GILGAMESH NOT DEAD !

26 septembre 2007

mémoire des carnets...manifeste sommaire d'un

mémoire des carnets...

manifeste sommaire d'un sommaire manifeste....

quarante cinq carnets depuis la terminale, quarante cinq de ces petits carnets à spirales, rituellement achetés à Gibert
et demain comme tant d'autre fois j'irai l'acheter.


recopier ses carnets n'est pas aisé... mémoire morte, instantanés, trésors cachés.

compromis : un antique puis un passé proche et ainsi de suite. la mémoire à petit bond, le passé par résurrection.
la vie, sous son intensité. les pensées inoubliables oubliées. les secrets (plus tard percés à jour). Les récits de rêve,
infiniment précieux, infiniment mystérieux.

26 septembre 2007

comme le chante un célèbre chanteur Molvanien

comme le chante un célèbre chanteur Molvanien :
"Inside tank of fuel is not fuel, but love,
Above us, there is nothing above,
but the stars, above

All systems gone!
Prepare for downcount!

5....4....3....1! Off blast! "

autrement dit, je dois bientôt rentrer en cours.
Vu le nombre de projets dans lesquels j'ai mis les pieds, de lettres en retard, de rêves à réaliser : je vais percuter à pleine vitesse le mur
encore indistinct du double cursus Master de L.G.C./License d'anglais.

petit bonheur : que Monsieur Le Chien répond à mon mail sur la sélection kitsch du monde par un post sur son blog dont je suis un fidèle lecteur.

petit écoeurement : dans le métro à minuit, une troupe de contrôleur patibulaire. ils sortent sur le quais. au moment où le métro redémarre,
j'entrevois la scène : deux personnes dorment sur le sol. Un des controleurs sort un carnet, l'autre enfile une grande paire de gants en plastique noir (pour ne pas les toucher ?!). Le troisième les réveille sans ménagement.
dehors, j'avais commencé à ressentir la morsure du froid...




13 avril 2007

J'voudrais dire un slam...

LE METRO DE LA TRAME



J’voudrais dire un slam pour un grands corps malade.
Pour l’avoir écouté de ballade en ballade…

Si, et par des temps anciens on a écrit DES LIVRES ENTIERS
Sur des chevaux…

Ce qui m’obsède – moi -- c’est le METRO.


Et v’la que je le nomme
Mais qu’est-ce qu’eul métro nomme ?

C’tun métronome – autonome

UN GRAND CHROME QUI BRAME

La trame du métro  …   LE MÉTRO DE LA TRAME.



Et  ses  couloirs -- qui s’accablent de câbles
Ce train qui grince  --  sa trace
partout des graphes
/où que tu passes

V’la la couleur des choses rapides
Cette texture mouvementé

Mouvante des cœurs / trépide

Il est temps d’inventer / l’écriture
De ce qui se trame dans l’tromé ::


Certains serpents tintent à sonnette
D’un métal - – pas honnête

Mais nous sommes d’ce serpent
Qu’arpente après l’arpent
--Des pentes
            notre descente sert
                        d’être ailleurs


Dans ce monde de poussière // on voit pas défiler l’heure


Et c’est le monde qu’on boit
Qu’on a bu – qu’on a vu

On se lève -- on s’abaisse
Mais l’voyage sous terre
C’est le voyage au rabais

               
            Dans le métro
              Baisse les yeux
                 Si tu veux pas croiser son regard

            Tu te regardes un reflet
            Dans la vitre qu’est miroir
            (D’intensité)

Mais belle si d’un regard
                    Toi qu’habites sur l’autre face du quais.


            
                La marche / L’attente sur un mode singulier
                Les flots—les flux—les regards
                Mais l’pire dans l’tromé
C’est l’trop-plein.
                Ct’humaine compression
                Qu’empire avant d’se frayer un chemin
       
            Dans le Wagon
                Y’a cette fille qu’est plus grande que moi
                Dame j’ai pas la place déplier un regard
                Parce que j’ai les yeux dans ton bras


 
Et j’regarde qui sont des hommes -- et puis des femmes
            De ces corps distant dont parfois
                    Je ne vois que les pieds –
--des jours de vague-à-l’âme

            Assis d’escarpins -- des converses
            New-Rock ou mocassins
            Des Tennis et pieds nus
            Des nus-pieds éthérés
            Des pantoufles fatiguées
            Des paires dépareillées
            Et des chaussures neuves qui couinent.
            
            Ceux qu’empestent et d’autres – un peu trop clean
            Des jeans délavés
            Des jambes épilées

            Des tissus d’étoiles...


On a tous vu de quoi j’parle :: le spectacle de l’humanité


De ces gestes perdus - - de conversations entendues
            Ceux qui débordent d’un sourire
            Un rire qui porte
            Ceux qui s’emportent
            Celui—qu’un tic envahit
            Cette fille que l’impatience – trahit.

            Ceux qui parlent au portable
            Et qui sont pas gênés d’te faire sentir
            Qu’ils ne sont pas de ton côté

            Ceux qui pianotent la danse
            De leur correspondance Ès et Messée
            Ceux qui attendent un appel—un rappel
            Ceux qui disent : « ça à coupé »


            Des amoureux qui se tiennent par les poignets
            Sur les genoux – par les nous
            En bouche debout –ceux qui s’embrassent
            Ceux qui s’enlacent
            Des kiss discrets—aux patins lovés
            Ceux qui les font résonner
            Ceux qui se disent des mots secrets


            --J’entrevois des visages
            Trop près qu’on voyait pas --Qu’on envisage quand ils s’éloignent
            Ceux qui se traînent et ceux qui se magnent
   
            Moi je rêve, pis y’a ceux
            Pour qui l’tromé
            C’est le dortoir de Paname.
            
          
            J’oublie pas ce pauvre
            Qui d’mon enfance plus p’tite qu’un dossier
            Entrait dans la râme aigrelette – déclamait

            « une minute de poésie :
            sous-le-pont-mirabeau-coule-la-seine »

       
        à toi mon misérable : j’connaissais pas l’Apo
                        ni les Ponts – ni la scène
                            Ni l’amour – ni la haine
            
   
        Et j’avais peur de toi eul squelettique apôtre
        J’oublie pas qu’à la fin—tu nous disais merci
                J’comprenais pas pourquoi
        Maintenant je sais—merci.


Le tromé parfois ‘en fais des rêves : tu les connais
            De ces couloirs qui n’en finissent jamais
            Ceux qui passent sous la mer
            Ceux dont on ne revient jamais

Une grande pancarte // pendue au d’sus d’un escalier
ICI DE BIEN ETRANGES RENCONTRES SERONT PERPÉTRÉES


-- mais le jour  c’est la sation DEBOUT

            Les bras crochés aux crochets
            D’barres de fer à poignées

            Y’à Celle dont on voit le nombril   
            Et Ceux qui ont les cheveux rasés

            Les vitres griffés de coups de clefs&de reflets

            Les murs blancs dallés
            La ligne bossuette – faite pour les non-voyants
            Ceux qu’on voit pas – ceux qui sont sûrs d’être voyants

            Ceux qui tendent -- des embuscades dans les couloirs
            Ceux qui dorment comme des loirs.

            Ceux qu’à dix treillis sur un joueur de djembé
            Aux couleurs de la RATP –bleu / vert
                    Rien à péter


(Et les brocarts de publicité jetés à la face)
   
        Ceux qui dessinent des signes—sur des carnets
            Ceux qui disent : « je te connais ? »

          

            Ceux qui vivent
            L’eau vive des couloirs
            Bruissante de lampe-phares
                Et l’air des souterrains—le soir

            Le métro aérien – paris vitesse accélérée
            Ses misères et ses trains
            Barbès façades d’jardins secrets
            Graphès d’inaccessibles sur les toits
Canal Saint Martin – la Seine et des tours qui chatoient
            Quelques moments d’bonheur
            Mais la trame du métro
            C’est c’te ville souterraine
            Cette ville où t’es reine

Des voûtes et d’asiles des palais
Par paliers : le jour artificiel – partout où t’esperais.



Les stations / y’a les originales
Et celles qu’on a écorchées.



            QUAI DE LA RAPÉE
                A PAS D’HEURE
                    A  PAS D’HEURE : tout à dérapé

Y’a des brise-lumière sur l’eau longue de nuit
Ça va perçant jusqu’au cœur
Ce pont de pierre qui s’enfuit
Les lumières – comme des leurres


        Ce jour d’après-minuit   
        Et c’tromé qui dérive
        D’une rive à l’    autre -- ivre

Il faudra VIVRE
        Car les pleurs n’arrêtent pas
La course de la nuit.



Tu l’entends venir de loin
                Cet aire de blues ou rap ou jazz
                Insolite écho rock       
                Des plateformes qu’entrechoquent
        La musique
                Pour sûr qu’eul murmure des murs—dure
                C’te musique tapie que la sourdine --emmure
                Sur des tapis roulants – v’la des tapis volants
               
                Le baladeur total-kamok quand tu planes.   


    A Châtelet’escalator
            Y’a c’te mosaïque – d’rubans enrubannées
            En toute simplicité

            O’ Tel de Ville –cte couloir que des zigues avaient libérés.
            Pas une pub sur cent mètres
            On pouvait respirer



            La trame du métro // ou l’voisinage
            Du voyageur d’en face // ou l’usagère
            La voyageuse légère
            Les yeux perdus – sur des détails imaginaires
            
            Et cette femme aux cheveux noirs très longs
            La trentaine d’années damnée
            Et moi qui faisait semblant de lire
            Et qui la regardait

            Quand elle s’est levée je n’ai vu qu’un instant
            Qu’sa main gauche était -- – en cire

            Et cette jeune fille aux cheveux blancs si blancs
            Qu’elle avait l’épaule si griffée
            Elle qui était tatouée
            Avec les yeux de celle qui a – qui va pleurer…
       
          
            De ces destins qu’on croise dans le métro
            Souvent—on a rien cirer
            Mais depuis ce jour je connais le sens
D’une main qui sur l’cœur est porté
En signe de naissance.   

            Le métro porte ouverte au cœur de l’humanité.
                        


4 avril 2007

AEON FLUX

Stop all the clocks !         Cut all the phones !
Sortant du vivier importun et important de l’espace
Temps un flux sorti d’éons !
AEON FLUX !

Image d’une émission sauvage compilation
Kaléidoscope à pic : l’œil du cyclone
Il y a des siècles sur canal plus ou moins.

Sauvage électro – Cyberpunk avant l’âge
Que je regardais en cachette.

Je parle bien sur des années 90 que nous traversâmes (si, si, enfant.)

De cette époque troublée et enfantine un image obsédante est restée :
Au cours d’un vigoureux baiser de dessin animé, une molaire creuse sert de réceptacle à un message secret
Les deux amants-espions sont réciproquement dans un train et dans un avion filant à cent à l’heure.
Cela ne durait que quelques secondes…

La toile infinie et infiniment folle du net
(pas très)
ad patres
vient de me régurgiter en pleine gueule l’intégralité du court métrage d’animation
moi qui ne faisait qu'une recherche sur Corto Maltese !

et de révéler une série de Science Fiction complètement déjantée signée Peter Chung
le nom de la série : AEON FLUX
nihiliste anarchiste post cyber punk dans ta face incongru torride inquiétant

un bijou d’animation et d’action qui n’a pas grand chose à voir avec le film de SF à la jmelapète sorti en 2005 avec Charlize Theron.

Non je parle d’une véritable perle surréaliste.

L'ouverture de la deuxième saison, ici ! Avec LA scène de la Drosera !

LEISURE ( !!!)

WAR
( not what you believe)

GRAVITY (avec la fameuse scène du baiser !)

TIDE

Ces liens pointent vers des mini épisodes dont vous découvrirez vous même la particularité troublante.

Je vous invite à regarder les épisodes de la première saison  ici ! L'histoire est vraiment fascinante !

Enjoy !
Hurle Métal !

4 mars 2007

La Seconde

Un  de ces deux dieux qui selon l’univers se livraient à des actes
contre-nature, pénétrés qu’ils étaient du principe rasoir de la
causalité, avait pris la seconde. Et ses pensées réduites, un train vertigineux.
Nom de dieu. Ô mon v., tu vas percevoir, tu vas voir !
A la voix précisément de l’autre, il eut sa première pensée, et sentit
de joie jeune, ses limites. Il choisit de se taire. De l’air !
Un sang inexistant se fit sentir dans des organes impraticables.
Ce sang qu’affluait à son sexe hiératique : tout existait cet instant.
      Il demeurait. Intensément. Cela dura.    
            Mais le temps : tout était terminé.

Il avait pris la Tempe qui conférait à un dieu, pour une seconde et
pour un lieu le sentiment d’une mortalité.

                Repris des dimensions de l’univers, il cessa d’exister.

16 octobre 2009

/// Season Two ///

Je crois que j'ai ouvert ce blog la veille d'un énaurme concours blanc de Khâgne, alors que j'arrivais pas à dormir et que j'avais trop de chose à mettre en vrac sur cette Toile. La chose, est devenue depuis sinon une petite étoile, au moins ma petite planète avec volcan, fleurs et baobab.

Cette année, il y aura aussi beaucoup de travail, des concours, mais aussi la transcription de 60 carnets qui débordent des étagères et qu'il est temps de consulter, d'annoter, et dont j'espère tirer de vastes projets, de belles choses, dont je vous parlerai ici.

Plus de critiques, plus de chroniques, plus de liens vers des terres lointaine. Car il est évident, que la moindre plateforme d'expression sur internet, sert à publier, mais aussi à retransmettre, à rediriger, à renvoyer vers, constituant ainsi un nexus sur votre chemin,

Paul Valery écrivait que le fond de l'esprit était pavé de carrefours.

Ce blog, placé sous le Tropique du Capricorne, pour Corto Maltese, et sous le sigle du Hasard-Objectif, parceque le hasard des ruelles, les choses que j'y trouve, les choses qui m'y trouvent, et les aventures qui en découlent sont le sel de ma vie : des hasards qui s'enchaînent, ce qu'on appelle coïncidence quand on ne veut pas trop s'y mouiller et ce qu'on appelle belle occasion quand on choisit d'y plonger, d'y glisser, de fait-glissade en fait-précipice, au devant de rencontres, d'art, de surprises.

Et quoi de mieux qu'une surprise ? Je vous souhaite la bienvenue sur ce petit espace dévolu aux sens des mots, aux sensations des corps.

Pour débuter cette nouvelle saison, je vous propose un petit récapitulatif des épisodes précédents, qui sont autant des textes, que des rêves, que des thèses, que des vies :

L'OMBRE OÙ LA LUMIÈRE  ou comment un retour catastrophique se change en mode initiatique en quatre épisode.

PREMIER - DEUXIEME

TROISIEME- QUATRIEME

Epilogue - PPS

Des Slams :

LA TRAME DU METRO OU L'METRO D'LA TRAME en chair et en os à la Suite.

INFERNO/INFRNO: voyage en l'enfer de Dante live au B.I.P

LE RËVE DES DEUX ETATS DU MONDE et de ces convictions qui nous viennent des nuits de fièvres.

JE VIS DANS L'APRÈS-TRANSE ou comment une répétition de théâtre peut dépasser toutes les bornes

CE QUE C'EST QUE LE GRAAL ou le véritable trésor d'une enfance.

CONAN LE BARBARE AU XXIème SIÈCLE ou la preuve par l'image

AURELIADE : errance inopinée dont l'issue dépassera toutes vos espérances

PLONGER A MARSEILLE                          DANSER AU GLAZ'ART

TWO IN THE MAURNING AND WHAT IS CINEMA ?

UNE CHRONIQUE DE SHORTBUS DE J.C. MITCHEL, SEX, LOVE AND ART.

Bien sûr ce sommaire n'est pas exhaustif, il y a mille petite choses, des images, des calligraphies, des coups de sang & de coeur que vous trouverez en vous baladant, un simple mot de votre part justifiant que je sois venu ici les écrire.

"At the beginning was the Blakc Squirrel, and he ate Cheese."

Deux années pleines de Dan Simmons, de KABUKI, de David Mack, Neil Gaiman, Alan Moore, Michel Butor, Jodorowsky, Tarkovsky, John Cameron Mitchel Jr, avec SANS UN REGARD de José Luis Peixoto, avec HOUSE OF LEAVES et ONLY REVOLUTIONS, avec GANDAHAR, avec Lynch, avec Zak Smith l'artiste Punk et SPIDER JERUSALEM le journaliste gonzo, avec Zampano, Jack and Jill, Sam & Hailey, Sailor & Lula, Bonnie & Clyde, Pierrot & Marianne, Noam & Kenza.

Avec vous, mes chers amis.

Date stellaire deux point trois point quelquechose, we are back on the road.

27 décembre 2008

Le rêve des deux états du monde.



Pendant la Grande Grippe, les nuits s'étirèrent jusqu'à durer quinze heures
les rêves se multiplièrent, dizaine et douzaine d'histoire,
l'horloge de mon portable 4H12 4H27 4H50 6H 10H 14H34 perdu dans le lit se cachait sous les couettes
le temps semblait bondir comme une grenouille épileptique.

Des rêves déferlaient,
je me rappelais de tout
je ne me rappelle plus de rien
à part la parenthèse englobant tout,

sous-jacent de ces rêves était une installation dont j'étais un participant volontaire
all wired with electrodes
selon que durant mon sommeil, ou mon assoupissement
j'étais allongé de tout mon long ou replié
dans cette position qu'on dit fœtal

alors
le monde autour de l'installation
et l'univers autour du monde
adoptait l'une de ses deux formes fondamentales

stretching toward infinity
ou se condensant dans un seul point d'une masse infinie
insoutenable.

le chiffre deux clouait le rêve ouvrait le rêve
et puis j'ai eu deux fois deux vingt deux ans

cette dualité essentielle à l'homme qu'elle devienne un blason
je me suis toujours méfié des gradations
des hierarques et des hierarchies
montez vers 10 où irez vous après ?

pressenti dans la transe et vécu comme un fil conducteur à travers des douzaines de rêve
le souffle qui condense et qui détend.

L'être se défend par cette dualité

Infiniment lié, le point et la ligne en calligraphie ne sont pas deux figures géométriques, mais les noms secrets de ces deux états du monde
et de l'univers étendu
en mettant toute son attention dans un point
en mettant tout son souffle dans une arabesque folle qui s'empare de la page et qui tourbillonne autour du mot
prolongeant la lettre dans l'espace
jusqu'à ce que la lettre soit l'espace un drap tendu sur lequel flotterait l'essence du songe de couleurs et de coulées d'encre.

Massage, ce point de shiatsu maintenant au-delà du possible. Un unique point absorbant toute la conscience

et la paume ouverte parcourant le corps de la tête au pieds, l'entraînant dans des tourbillons inversés renversant.

Deux états du monde, le point, le poing fermé
la paume, la ligne ouverte.

deux manières de dormir ou de rêver.


sunrise, sunset, cycle solaire, cycle binaire, ces deux visages de l'ENERGEIA qui me hante
comme j'aime ces deux visages.

And once you get a ride on this solar binarity,

there sure is no going back
myths come through a pinhole

the day you turn 22
and you count an recount the major arcanas of a tarot game
with a knowing and loving smile for each figure and each card....

10 juin 2008

 
         Insomniac


      The night is only a sort of carbon paper,
Blueblack, with the much-poked periods of stars
Letting in the light, peephole after peephole . . .
A bonewhite light, like death, behind all things.
Under the eyes of the stars and the moon's rictus
He suffers his desert pillow, sleeplessness
Stretching its fine, irritating sand in all directions.

Over and over the old, granular movie
Exposes embarrassments--the mizzling days
Of childhood and adolescence, sticky with dreams,
Parental faces on tall stalks, alternately stern and tearful,
A garden of buggy rose that made him cry.
His forehead is bumpy as a sack of rocks.
Memories jostle each other for face-room like obsolete film stars.

He is immune to pills: red, purple, blue . . .
How they lit the tedium of the protracted evening!
Those sugary planets whose influence won for him
A life baptized in no-life for a while,
And the sweet, drugged waking of a forgetful baby.
Now the pills are worn-out and silly, like classical gods.
Their poppy-sleepy colors do him no good.

His head is a little interior of grey mirrors.
Each gesture flees immediately down an alley
Of diminishing perspectives, and its significance
Drains like water out the hole at the far end.
He lives without privacy in a lidless room,
The bald slots of his eyes stiffened wide-open
On the incessant heat-lightning flicker of situations.

Nightlong, in the granite yard, invisible cats
Have been howling like women, or damaged instruments.
Already he can feel daylight, his white disease,
Creeping up with her hatful of trivial repetitions.
The city is a map of cheerful twitters now,
And everywhere people, eyes mica-silver and blank,
Are riding to work in rows, as if recently brainwashed.

Sylvia Plath

(my friend Victoria recorded a beautiful version of this poem
the last of the list on her myspace jukebox, check it out !)

17 mars 2008

Woop ! Police !

Cela aurait pu être une scène de film,
Oscar "Scar" Barda,  Noam "Norkhat" Von Spielmann, sur le banc du commissariat,
devant un dossier "archive matériel" et "archives ivresses"

zoom back camer
a, flashback : enfance, st Merri, split-screen, coming-back inénarrable : au moins nous sommes toujours deux à faire des bêtises.

"The clock's run out, time's up over, bloah!
Snap back to reality, Oh there goes gravity"

bienvenu sur la radio de la police : au coin de rue on a retrouvé un homme décapité...
heureusement les pochoiristes, terribles criminels, sont déjà sous les verrous.

"des artistes inconnus qui auraient mieux fait de le rester" plaisante l'officier
les vannes de la police : des blagues uniques au monde, à la saveur inoubliable,
n'oubliez pas cependant "que vous êtes du mauvais côté du bâton"

 

les charges : attentat à la pieuvre, pochoir, dégradation de bien public, étrangeté,
condamné à vivre selon les lois secrètes du hasard-objectif.

cette pieuvre alchimique, cette pieuvre de  Paracelse qu'il avait fallu changer en jeu d'ombres et de lumières,
un travail minutieux, épuisant, exaltant : rendre les entrelacs de tentacules, on me soupirait "impossible !"
elle était impossible...impossiblement belle cette pieuvre pour mes yeux qui l'attendaient

aussi fallait-il peut-être qu'elle soit  éphèmère !

 confisquée comme pièce à conviction elle n'est pas pour rien le symbole de l'éphémermétique

 

inculpé pour un poulpe !
que dire ?  it makes sense doesn't it ?


une Arcane 17 poché au  numéro 17 un lundi 17
c'était tenter le destin !

 

"La liberté (conditionnelle) ou l'amour" !

 

I'm Free on "Parole", quel must pour un littéraire....

 

et comme on dit chez nous

"Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir"

 

Quel bonheur que les pochoirs : lors de la séance de création j'ai vu fleurir plus d'une oeuvre subtile autour de moi !
décorer Paris, faire vivre les rues avec des images, cela me paraît encore une très belle idée,
nous vivrons heureux et nous pocherons cachés...

14 septembre 2007

Après HYPERION lu frénétiquement à Marseille, à

Après HYPERION lu frénétiquement à Marseille, à la Cugnassarié
mes nuits parisiennes sont consummées par ENDYMION

gosh ! ce damné livre me fait tressaillir de joir, de pur plaisir de lecture,
même que parfois mes yeux se mouillent devant la vastitude de certaines perspectives

qui est ce Dan Simmons !

il me tue (dans un bon sens) avec ses références  à Yeats, Keats
et au magicien d'Oz (especially that one, the bastard !)

"Toto, I've got a feeling we're not in Kansas anymore."

Il faudra écrire longuement sur ce livre, et en tirer des enseignements sérieux
sur la SF à venir, et sur la littérature de fiction tout court. En plus il résout le dilemne d'Abraham, je le crois pas,
plus fort que Freud et son moïse !

tellement d'ampleur, temporelle, cosmique, tellement de merveilles, tellement de larmes.

en plus, je suis sûr que le futur va se passer exactement comme ça,
i wish i'd be there to see.

i guess i'll have to write instead, a letter to distant years.

gosh...

1 juin 2007

Rêve de la nuit

Topographie : le Bunker existe mais sans l'immeuble autour.
Entouré de maisons méditerranéennes.

Par la fenêtre j'entrevois un givre étincelant qui a recouvert tout.
Dans la cours de l'autre côté, l'Eté brille.

Par ce phénomène, feu et froid, mes cheveux enspiralés comme des anglaises
se déroulent doucement en libérant les minuscules bulles d'air qu'elles tenaient enserrées.

Mes cheveux ondulent très distinctement vers le haut, tout est pointillé par l'air.

personne ne remarque rien.

Le rêve s'assombrit : I'm here to kill someone,
to prevent something from happening.

Mais je ne sais plus qui je dois tuer,
has my memory been removed ?

je cherche fièvreusement dans mes carnets,  (comme celui ou je recopie aujourd'hui mon rêve) dans des cassettes.

Impossible de trouver, j'ai de vagues flash de visages soudain distordues sous l'effet d'une force maléfique
et insoupçonnable...

Evacuation d'un bâtiment par des souterrains aquatiques...

Reveil.

4 mars 2007

dailymotion en folie

Et quelque-z-unes des vidéos les plus funky de dailymotion actually

http://www.dailymotion.com/mozinor/video/x12y1t_la-galere-de-la-fonk
Ben-Hur Sound System : make it fonky !

http://www.dailymotion.com/video/xuntl_cecilia
Nicolas&Cécilia : ce soir je reste à la maison !

http://www.dailymotion.com/video/x18vj6_save-the-green-planet-trailer
la bande annonce de Save the green Planet

http://www.dailymotion.com/video/x17r1_j-ai-vomi-dans-mes-cornflakes
une histoire de la vie

un film culte du Sunset Boulevard ! (...et que votre délégué syndical est un singe...incontrolable !)
http://www.dailymotion.com/video/xo68q_pas-facile-detre-sid-marcus

13 mai 2009

L'ombre où la Lumière. Quatrième Partie.

Pendant un court instant mon identité, le pourquoi ma présence sur ce siège me paraissent très confus.

Ma tête dodeline. Je sais qu'il y a des chances pour que j'oublie tout, que je me rendorme et la pensée me cisaille comme un bande de médecins hystériques courant à travers un hôpital désert en hurlant "We're losing it ! We're losing him ! On le perd ! On le perd !".

Il faut sauver ce rêve de l'oubli.
Les yeux poisseux de sommeil je cherche à tâton le plume, le carnet. J'écris.
Sans mes lunettes et d'assez loin pour que je n'aperçoive qu'un amalgame de pattes de mouches bleues. Je me demande si je rêve. Je me demande si je ne vais pas retrouver des dizaines de pages de carnet barbouillées d'une écriture incompréhensible.

Peu à peu je m'éveille.

Du rêve à l'écriture, des choses se font plus claires.
Jouir des sens, s'attaquer aux masques des choses, aux subterfuges, c'est ce que je fais encore. Il sera question de duel, de duo. Ce duel quel est-il à part celui du dormeur avec les forces du rêves. Je commencais à en savoir trop : à voir des symboles où il y avait des choses, à entendre des mots d'esprit où il n'y avait que des mots et que l'esprit est une chose inaudible.

La manière dont ce rêve s'est offert, au réveil, au réel est presque aussi importante que le récit du rêve lui-même.


Des rêves ont marqués ma vie, mais celui-ci m'a laissé un goût de métamorphose dans la bouche. Comme un déclic, une paroi qui cède ou qui s'ouvre. Un petit pas d'homme. Une étape. Une écluse de franchie. Un mélange de soulagement et de courage.

Oh, je ne peux pas, je ne veux pas te taire, te laisser t'évaporer, petit moment de prodige. Ce n'était qu'un rêve. C'était un rêve. Un rêve sait seul ces choses là.
Impalpable mon.

.de.

Le faux, meilleur que l'original, et le rêve dépasse la réalité,
lui indiquant
si somptueusement
la marche à suivre.



Cet interprète qui n'interprétait rien, qui inventait tout.
Ce spectateur qui se livrait à toutes ces interprétations.
Ce rêveur qui croit voir, croit découvrir, et qui au fond, invente tout.


A aucun moment n'ai-je suspecté d'être dans un rêve.
Je suis pourtant familier de la chose.
Ce n'est pas un rêve à tiroir. Non : c'est beaucoup plus subtil
C'est un rêve à miroirs.
Un rêve en abyme, une essence du rêve,
le masque c'est le visage du rêve.

Que disait le matador ? Il disait, "tu n'aurais pas du percer, ce que j'avais abîmé",
au réveil j'entendais si clairement  :  ce qu'il avait mis en abîme, en abysse, en abyme.

Cette cape noire blanchie qui fait coexister les contraires et qui est l'objet de notre dispute. C'est un pan de fiction, un morceau de son histoire tissu, tissée d'hyperboles gasconne et des récits d'aventures qui nourrissent ce détail du rêve.

Tout est à l'image de ce drapé : ses qualités s'étalent dans le temps, c'est précisément plusieurs choses à la fois.

Percer à jour une ombre n'est pas sans danger.
Dans ce rêve de masques, personne ne les retire mais l'on frôle cette extrémité.

On frôle la nature des masques.

On explore jusqu'au seuil l'espace du rêve, sans en sortir, sans en craquer l'enveloppe fragile. Tout en devinant que les choses ne sont pas ce qu'elles sont.
Qu'elles sont plus que ce qu'elles proclament. Que certains masques sont peut-être peints à même le visage.
L'évidence est indécelable. Comme une lettre de Poe.
Dans ce rêve tout est clair comme l'orage.



Cette guêpe dont j'ai la vision subite, dont chaque geste est un accord de musique,
sa surprise, son exploration, sa rage, son épuisement, son espoir, sa fuite qui sont tout le spectres des émotions humaines.
Cette guêpe prisonnière d'une coupe. Un instant qui lui semble une éternité,
dans une prison qui est un espace qui est un monde,
dont elle palpe les parois, dont elle sent la pression, dont elle hume les odeurs
cette coupe
c'est le rêve.

Le rêve nous coupe du monde.
Mais il y substitue un autre réel.
Qui a l'air tout aussi vaste, même si c'est un trompe-l'oeil car certaines portes, certaines fenêtres sont sans doute peintes, mais cela ne le dénue pas de sens pour autant.

Cette guêpe dont le vol est musique...

le rêve est une musique improvisée

qui se donne pour la marche ordonnée du monde mais s'adonne à la haute voltige  des soubresauts de l'être.

Le rêve est au
fur et à mesure, imprévu, inécrit,
mais peut s'offrir dans sa forme, parfois, peut-être, plus tard.

Peut-être ici.
A polaroid in the process. That sometimes one luckily access.

Sonate frappée du sceau du mensonge qui dépasse en beauté toute les musique existantes.
Guêpe prise ou prisonnière d'une coupe, qui est un gobelet transparent de plastique, qui est peut-être le Graal.

Expérience du temps, des sens et de l'espace.

Et le clou de notre spectacle.
Un matamor aux airs de Cyrano qui est, c'est d'une telle évidence que je le voyais pas dans le rêve, un personnage de théâtre.
Costume flamboyant, voix tonitruante : bien sûr que le rôle était joué et surjoué.
Bonjour Monsieur le Capitaine Fracasse.
"Un fumigène de ma fabrication"  : on aurait dit le baron de Münchausen.
Mais c'était bien lui le fumigène ! L'écran de fumée.
La poudre aux yeux, la main virevoltante du prestidigitateur qui fixe le regard, et l'attention tandis que la main escamote.

A cause de lui qui fait écran avec verve, je lâche la proie pour l'ombre.
Sans me douter que l'ombre est précisément la vérité que je cherchais.

Ressort du rêve, il devait m'empêcher de continuer à tout prix : monter cet escalier, sortir dans la rue confronter le musicien à son mystère, ç'aurait été arriver à Paris avant l'heure, ç'aurait été sortir du rêve avant son achèvement. Et pour moi ce rêve est complet. Il s'interrompt que sur un suspense apparent.


Ultime stratagème du rêve, je cherchai à contourner le matador pour trouver le musicien, sans penser que nous étions seuls sur ses marches.
Que le musicien jouait là son dernier tour magistral.
Oui, cet homme que je voulais éviter, c'est l'homme que je cherchais.

C'est un acteur, mais ce costume vient-il de l'enfiler ? Etait-ce son vrai costume caché sous les dentelles du musiciens ?

Voilà que la diversion était précisément l'essentiel. Dans ce jeu de poupées russes. Un acteur qui joue au mousquetaire qui joue au musicien, un mousquetaire jouant à l'acteur jouant un mousquetaire. Un musicien qui...

Un artiste de la chose, quoi, qui n'avait nulle intention de m'éviter : qui est venu à ma rencontre de son propre chef et qui m'a confronté.

Je revois la bataille contre les gardes du prévôt/régent/cardinal, j'y étais ! Autant qu'on peut croire ces personnages de rêves qui vous racontent votre propre histoire et que vous intégrez comme votre passé. C'est une histoire, mais c'est bien vrai.

Vous connaissez bien ces mousquetaires à la Jim Kelly qui se battent en s'esclaffant, tourbillonnant de droite et de gauche, utilisant banc, tabouret, lustre et chandelles. Parant de la droite et perçant leurs adversaires de bottes extraordinaires. Comme des guêpes, comme des frelons verts. Feinte, contre-feinte, esquive et tac. La botte de Neuvers.

La forme est parfaite, le combat imprévisble à chaque instant. Ce combattant là est un artiste de la chose !
Jim Kelly est chorégraphe peut-être, mais d'Artagnan est tout à fait improvisé.

Seul un cadet de Gascogne aurait eu le cran de tenir devant la foule assemblée une telle supercherie. Un inédit de Beethoven, pas plus tard que maintenant. Foutredieu. Quelle audace !
Cette sonate unique sans tactique et tactile
Et dont j'étais l'ombre tacite....

Qu'on me parle à présent de ce duel. Un duel à la vie comme il y a des duels à la mort.
Comme on s'aime à la vie à la mort.
Comme on oscille entre la v. et la m.


Si le rêve s'achève à la promesse de duel, c'est parcequ'il a déjà eu lieu.
J'en suis sûr.
C'est que ce duel était magnifique et qu'il était un duo.

Pour qui jouait ce pianiste, je veux dire essentiellement, sinon pour le seul qui savait d'où venait chacune de ces notes : ni d'une partition, ni d'une célébrité, mais de lui. Celui dont l'esprit bataillait mon déceler le sens caché de ces actes musicaux.
Mais reconnaître son génie, c'était déjà le trahir, et je vous assure que la foule n'aurait pas pris la supercherie à la légère, qu'il est des royaumes oniriques ou théâtraux  où les imposteurs sont punis de morts, où il est très grave de s'inventer un rôle ou de mentir.

Ce lien intime, ce lien secret qui nous unissait pendant que j'écoutais gravement, simplement chaque note, sans regretter leur nature éphémère, en acceptant tout de cette musique, ce qu'elle était.

Il jouait pour moi, pourtant il avait tout à craindre de cette intimité. Envers et contre moi. Il me donnait sens, parmi la foule, je lui donnais sens, par cette oreille absolue que je lui tendais. Et par notre alliance les enjeux subitement se trouvait dangereusement élevés.
On en sait parfois trop pour faire bien ou faire le bien.

Ce concert duo, ce duel invisible, intense et bouleversant, entre le pianiste et son auditeur.

Il y avait la foule et ce couple d'êtres.

Et si je vous dis que nous faisons la paire...

Il faut que je vous parle de mon frère.




Au sens symbolique, bien sûr, puisque nous y sommes.


Le matériel du rêve ( vous savez ces détails qui servent à sa construction à court sur des années et des années. Du Trois Coeur de Jack London et son "Nous pourrions dévorer le monde, dos à dos contre le grand mat", à un exposé que j'ai tenu la semaine dernière sur EvilLive de Del Giudice et qui finissait par cette citation  :
"Avec qui lutte Jacob, Timetolose ? Te souviens tu ? Contre qui lutte Jacob, en silence, dans la nuit de la lutte ? "

Et je ne savais pas encore que la question s'appliquerait à ce point au lecteur.

Car dans la merveilleuse encyclopédie hypothétique des symboles, si elle existait, à l'entrée "Duo, Duel", vous trouveriez sans doute cette mention laconique : Jacob and sort it out yourself. Débrouillez-vous.


Si vous saviez combien j'ai été près de me perdre, sans trop savoir vers quelle vie, vers quelles valeurs je retournais en montant dans ce train.

Combien il était temps que survienne cet instant, cet instance de catch mental.
Combien de comptes j'avais à régler avec moi-même.


Dans la Genèse, il est écrit que Jacob fit traverser le gué à ses femmes, ses possessions, ses gens. je vous invite un jour à faire de même.
Par soustraction vous voyez, on est bien sûr qu'il ne reste que lui. Précisément lui.

Pourtant un homme est à ses côtés sur la rive et lutte avec lui jusqu'au petit matin, sans dire un mot. Dans une étreinte furieuse. Qui devient je ne sais quelle lutte symbolique et fabuleuse.

Personne ne peut prendre l'avantage. Jacob ne lâche pas prise, même quand l'autre lui déboîte la hanche. L'autre refuse obstinément de lui dire son nom, mais quand le soleil se lève, il lui déclare que Jacob s'appellera désormais Israel et lui donne sa bénediction.

On dit que Jacob a lutté contre un ange.
D'aucuns ajoutent qu'il a chanté la chanson de Boris Vian "Fais moi mal Johnny", en remplaçant épaule par "en ml'aissant une hanche de démise ! ".

Là n'est pas là question.

Ou plutôt si. Jacob porte les marques du changement à même son corps, comme nous portons fièrement nos cicatrices.

Et au lever du jour, il a changé, son nom a changé. Son ombre aussi peut-être. L'enjeu du combat est une résolution nouvelle.

I'm talking about a coming of age.

Cette lutte, contre un homme qui est un ange, qui est un dieu, qui est le diable, qui est étrange, étranger, qui est peut-être lui-même.

De forces immensément supérieures, de forces parfaitement égale.

Si vous demandez, je dirai que Jacob, resté seul auprès d'un gué n'est pas resté seul très longtemps. Je vous présente le frère. Un frère d'eau plutôt qu'un frère de lait. Le reflet. Jacob avait des choses à régler avec lui-même.

Ils étaient donc deux. L'homme et son reflet.
L'homme et son verso.
L'homme et son verseau. Jacob et l'autre versant.

Cette ombre qui le suit depuis le berceau.

et avec laquelle nous avons parfois des querelles à vider.

Son double. Son trouble.


J'ai raconté il y a quelques temps la légende indienne du Dweller on the Treshold
et du danger qu'il y avait à rencontrer son double (malédique), théorisé il y a près d'un siècle par la maman de Corto Maltese.

Je ne sais pas si ce serait très sérieux d'appeler celui de mon rêve le triple.


Mais lui c'est un sacré morceau.
C'est le bon jumeau. Bambino dell'oro. Celui qui est un milliard de fois plus fort que soi. The one born with the gifts and all the wits. The perfect one. The golden boy.

Y-a-t-il des lecteur de House of Leaves, de Hellblazer ? Y-a-t-il des jumeaux maléfiques ou fantastiques dans la salle ?

Car oui, tel le slogan de l'antique compagnie SEGA : le triple c'est plus fort que toi.

Ce terrible, ce super Alter-ego...

Il est le musicien que je ne suis pas, le piano que j'ai abandonné, le virtuose.
Il est l'acteur parfait, au moment où dans ma vie le théâtre implose. J'ai fait du théâtre, je ne serai pas ça. Amoureux du théâtre mais résolument amateur.
Douloureusement amateur.

Il est la dernière clef du rêve.


C'est donc lui, avec ses deux visages, avec ses deux aspects. Lui qui me prouve pourtant que la beauté existe, et qui me met à l'épreuve.
Qui m'éprouve. Qui est infiniment meilleur que moi et qui me met au défi.

Qui joue avec moi, pour moi mais qui se joue de moi. Qui se bat avec et contre moi.

Mais qui n'est qu'un rêve, qu'un fantasme, qu'une illusion, et qui dépasse les bornes de sa nature fictive, en agissant pour la toute première fois au lieu de n'être qu'une présence désespérément supérieure et moqueuse.
En me mettant au défi.
En mettant la barre si haut, mais en m'intimant de faire un pas vers lui.

De dire ce qui subsistera du rêve, cette beauté, son morceau.
Pour que je la fasse exister, dussè-je la recréér
ou du moins puisque tel est mon art

la raconter. Mais pour dire cette musique qui est un langage mais qui n'a pas de langue
il faudra trouver des mots miens.

Ah c'est facile, quand on est un être imaginaire, d'être né avec tous les dons. Ce qu'il va falloir se battre pour se faire un nom.

L'acteur et le conteur se sont croisés, toisés, rencontrés.
Mais je ne veux plus de ces rôles écrits par des autres.
Je veux être un conteur.


Un spectateur aux yeux ouverts dont la langue ne serait pas engluée.

C'est drôle qu'on dise interprète pour un musicien comme pour un acteur.
Car au réveil, j'avais sous les yeux, un message à lire, un rêve à interpréter.
Je veux être un interprète du troisième type.



Où ai-je rêvé. Puis-je le dire ? Le train est loin d'être un seul lieu : j'ai dormi d'un point à un autre porté par une vitesse prodigieuse.
J'ai rêvé dans l'entre-deux.
Dans l'entrebâillement.

Et le pied dans la porte, toutes ces choses se sont produites.

Tous les faisceaux de la semaine précédente convergeaient vers cette vitre inconfortable et froide. Ainsi cheminent les pensées, ainsi décantent les angoisses, dans ce grand underground, ce grand train souterrain passant derrière les pensées, comme un sous-marin, comme un Nautilus qui porte pour devise Mobilis in Mobile.

Ce mouvement, du réel aux sens, des sens aux rêves, du rêve de l'art à la pensée de ce qui est vrai.
De par ce rêve j'ai avancé.


Ce point de force entre deux époques, hors du temps comme devrait l'être tout bal masqué. Hors le temps, hors l'identité. Dans la possibilité.
Entre ces époques qui communiquent, certains sont figurants, d'autres préfigurations, d'autres défigurations. Qui joue, de quel rôle et de quel instrument ? Et quelle feinte absolue que de jouer dans ce bal son propre rôle. Identité, vérité, fiction : une vraie guerre des Triades intérieure je vous dis.

Rêvé dans l'entre-deux, vécu dans l'ambigu, clearly it was time for some revelations.



De l'ombre à la lumière. En montant ces marches par degré.
Je suis parti de Bordeau, et de ce bord de l'eau était-il évitable que je ne rêve double ?

J'arrive à Paris mais dans le plein soleil.


Et je me remémore cette phrase de House of Leaves.
Non sum qualis eram. I'm not what I used to be. Je ne suis plus ce que j'étais.

Cette phrase a un très bon, et un très mauvais côté.
Cette recontre onirique aurait pu très mal tourner.




Je ne me suis pas soumis. Et je ne suis pas rentré à Paris, brisé, morcelé, affaibli.

Comme je l'aurais été sans ce rêve. Mais taillé d'un bois nouveau, après avoir découvert de nouvelles harmoniques.

J'ai relevé le défi. Ce gant, ce mouchoir de soi.
Avant qu'il ne touche le sol, c'est à dire la terre, le sou, le soleil.... J'avais le temps...
Une oeuvre d'art, c'est quelque chose qui a la valeur exacte d'une étoile. You sort this out.

Je trouverai la terre cachée derrière le soleil soûl.

Je garderai tout contre moi ce rêve.

J'étais dans l'ombre où la lumière transparaît.

12 mai 2009

L'ombre où la Lumière. Seconde partie.

Les chocs et les clashs des journées précédentes, la fatigue, l'angoisse, l'espérance convergent alors et forment un rêve inespéré.

Le plus beau rêve qu'il ait jamais fait.
Le plus riche de conséquence.

Et les mots manquent pour le dire. En se réveillant il aurait pu murmurer comme un certain Deckard :
"I dreamt ... music".


Et toutes les contrariétés et les aspérités des sens comme les parois rugueuses d'un coquillage, s'allient pour produire
précisèment
cette anomalie,
une perle
cette utopie.


Il rêve
de musique.



C'est une salle de bal sur une île dans une ville peut-être de la Cité.
C'est un bal masqué, K. est près de moi. On nous a promis à tous une surprise.

Je ne sais pas si nous sommes au XXIème siècle en costume où si nous sommes à un bal masqué du XVIIIème siècle.
Un homme arrive sur la scène, et susurre : "Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. C'est un immense plaisir pour moi, de vous annoncer qu'on a découvert il y a peu une sonate de Beethoven tout à fait inédite. La plus belle qu'il ait jamais composée."
Murmures, bruissements dans la salle, incrédulité. Mais le pianiste arrive et dès les premières notes, cet événement extraordinaire ne saurait plus être nié.

Oui j'entendais cette musique. Je sentais chaque note me parcourir.
C'était, dans cet extrême que nous permet parfois le rêve, la plus belle musique du monde. Je vous l'assure, j'y étais.

Je voyais de très près les doigts du pianiste parcourir le piano.
Les accords, les structures tout un solfège fantastique dansait devant les yeux des spectateurs.
Et le spectre entier des émotions humaines nous bouleversait.
De force, de justesse.
Tantôt le pianiste effleurait le piano.
Tantôt il se déchaînait.

L'image se superposa devant mes yeux d'une guêpe prisonnière d'un gobelet.
Déboussolée, hésitante. Touchant, goûtant tout des ses antennes et de ses palpes.
Déchaînée piquant tout de son aiguillon. Epuisée battant des ailes au ralenti.
Et, libérée du gobelet, s'éloignant dans le ciel, d'abord zig-zag, puis cercle, puis point. Disparaissant.

Cette image, c'était peut-être une infime fraction du morceau.

La joie jusqu'aux larmes, la tristesse de tous mes deuils. La musique, dans l'acoustique velotuée de la salle.
Pour sûr qu'eul murmure des murs dure...

Progressivement, une vérité qui n'effleurait pas l'esprit de l'assistance s'imposa à mon esprit.
Car si je jouissais infiniment de cette musique, je me sentais l'analyser, la questionner et la manipuler en tout sens par une intelligence loin d'être assoupie. Car vous sentez bien combien nous étions près de l'hypnose.

La musique était tout simplement trop belle pour être de Beethoven.
Dix fois, cent fois, mille fois plus belle que Beethoven.
Cela se mesurait ainsi.

Je vous prie de bien vouloir imaginer....

Supercherie, mensonge, tromperie, mascarade. Mais que dire d'un faux meilleur que l'original ?
Et que dire d'une imposture lors d'un bal masqué ?

Je savais à présent en mon for intérieur que c'était le pianiste qui était l'auteur de cette musique.
Et qu'il nous jouait à tous un tour prodigieux.

And then it hit me.
Le pianiste n'a pas écrite cette musique. Il est en train de l'improviser.

Et tandis que le morceau reprend de plus belle,
je suis le seul témoin de cette errance infiniment belle.

"Mon amour... c'est merveilleux."

Encore un accord, puis une touche à moitié enfoncée, un son tenu et prolongé, allongé dans le son sans fond d'une sourdine et puis le silence.

Les invités sont trop stupéfaits pour applaudir, le speaker aux airs de Frank Sinatra qui revient pour sussurer d'une voix suave:
"et à présent une entracte avant la seconde partie".






Stay tuned my friends, it gets deeper and weirder in the end.

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