Au Bunker de la dernière Rafale

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12 mai 2009

L'ombre où la Lumière. Seconde partie.

Les chocs et les clashs des journées précédentes, la fatigue, l'angoisse, l'espérance convergent alors et forment un rêve inespéré.

Le plus beau rêve qu'il ait jamais fait.
Le plus riche de conséquence.

Et les mots manquent pour le dire. En se réveillant il aurait pu murmurer comme un certain Deckard :
"I dreamt ... music".


Et toutes les contrariétés et les aspérités des sens comme les parois rugueuses d'un coquillage, s'allient pour produire
précisèment
cette anomalie,
une perle
cette utopie.


Il rêve
de musique.



C'est une salle de bal sur une île dans une ville peut-être de la Cité.
C'est un bal masqué, K. est près de moi. On nous a promis à tous une surprise.

Je ne sais pas si nous sommes au XXIème siècle en costume où si nous sommes à un bal masqué du XVIIIème siècle.
Un homme arrive sur la scène, et susurre : "Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs. C'est un immense plaisir pour moi, de vous annoncer qu'on a découvert il y a peu une sonate de Beethoven tout à fait inédite. La plus belle qu'il ait jamais composée."
Murmures, bruissements dans la salle, incrédulité. Mais le pianiste arrive et dès les premières notes, cet événement extraordinaire ne saurait plus être nié.

Oui j'entendais cette musique. Je sentais chaque note me parcourir.
C'était, dans cet extrême que nous permet parfois le rêve, la plus belle musique du monde. Je vous l'assure, j'y étais.

Je voyais de très près les doigts du pianiste parcourir le piano.
Les accords, les structures tout un solfège fantastique dansait devant les yeux des spectateurs.
Et le spectre entier des émotions humaines nous bouleversait.
De force, de justesse.
Tantôt le pianiste effleurait le piano.
Tantôt il se déchaînait.

L'image se superposa devant mes yeux d'une guêpe prisonnière d'un gobelet.
Déboussolée, hésitante. Touchant, goûtant tout des ses antennes et de ses palpes.
Déchaînée piquant tout de son aiguillon. Epuisée battant des ailes au ralenti.
Et, libérée du gobelet, s'éloignant dans le ciel, d'abord zig-zag, puis cercle, puis point. Disparaissant.

Cette image, c'était peut-être une infime fraction du morceau.

La joie jusqu'aux larmes, la tristesse de tous mes deuils. La musique, dans l'acoustique velotuée de la salle.
Pour sûr qu'eul murmure des murs dure...

Progressivement, une vérité qui n'effleurait pas l'esprit de l'assistance s'imposa à mon esprit.
Car si je jouissais infiniment de cette musique, je me sentais l'analyser, la questionner et la manipuler en tout sens par une intelligence loin d'être assoupie. Car vous sentez bien combien nous étions près de l'hypnose.

La musique était tout simplement trop belle pour être de Beethoven.
Dix fois, cent fois, mille fois plus belle que Beethoven.
Cela se mesurait ainsi.

Je vous prie de bien vouloir imaginer....

Supercherie, mensonge, tromperie, mascarade. Mais que dire d'un faux meilleur que l'original ?
Et que dire d'une imposture lors d'un bal masqué ?

Je savais à présent en mon for intérieur que c'était le pianiste qui était l'auteur de cette musique.
Et qu'il nous jouait à tous un tour prodigieux.

And then it hit me.
Le pianiste n'a pas écrite cette musique. Il est en train de l'improviser.

Et tandis que le morceau reprend de plus belle,
je suis le seul témoin de cette errance infiniment belle.

"Mon amour... c'est merveilleux."

Encore un accord, puis une touche à moitié enfoncée, un son tenu et prolongé, allongé dans le son sans fond d'une sourdine et puis le silence.

Les invités sont trop stupéfaits pour applaudir, le speaker aux airs de Frank Sinatra qui revient pour sussurer d'une voix suave:
"et à présent une entracte avant la seconde partie".






Stay tuned my friends, it gets deeper and weirder in the end.

Posté par norkhat à 15:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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