23 mars 2009
Bab-El
Dans la plaine, les hommes de Nemrod dirent "Allons et construisons une tour qui perce les cieux !"
et Lui, une fois sur la terre dit "Voici qu'aucun dessein ne leur sera irréalisable, confondons leur langage !"
les hommes se mirent à parler le Hongrois, l'Allemand, l'Apache, le Crow.
le
travail s'interrompit, les coups se mirent à pleuvoir, une grande
dispersion s'ensuivit : décidément dieu avait encore fait son salopard.
Depuis, beaucoup de savants ont posé la question de la langue d'avant Babel :
Araméen ? Latin ? Adamique ?
Cerveaux enfantins, une bouche belle me l'a révélé !
Les hommes d'avant Babel
parlaient
la langue
des signes
tout simplement.
Il advint que dix mille voix brisèrent le silence
et tous émirent un cri différent,
première tonalité, première pierre d'un grand oeuvre,
invisible cette fois.
Leur travail avait été rapide, silencieux, mais sans joie.
Dix mille langue dressèrent des murs.
Jetèrent des ponts.
A la jonction entre le son et l'humain.
si je dois enseigner la littérature, quelquepart, un jour, ça ressemblera probablement à ça :
http://beyond-school.org/2008/08/26/gilgamesh1/)
Nemrod.
Dans l'enfer de Dante, Nemrod n'est ni écorché, ni brûlé vif.
Il est condamné à ne jamais parler
qu'une langue étrangère.

